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Château Duverger

Collège Saint-Luc anciennement Institution Jeanne d'Arc

 

 

Partiellement masquée par de grands arbres, cette bâtisse trône, protégée par une haute palissade en fer forgé donnant sur le boulevard de la Liberté. Nous avons connu ce château sous l'appellation Institution Jeanne d'Arc et aujourd'hui Saint-Luc.  

  

Ce château a été érigé à l'emplacement d'un bastion de l'ancien front sud des fortifications cambrésiennes après leur démantèlement fin XIXème. Bien que la date exacte de sa construction ainsi que le nom de son architecte nous soient encore inconnus, une trace subsiste cependant dans les arrêtés municipaux archives de la mairie datés du 15 février 1899. Ils font référence à un terrain de 782 m² vendu à Alphonse Duverger pour la somme de 3 128 Francs.  

 

Cette bâtisse assez typique des belles demeures bourgeoises de la fin du XIXème siècle est construite en briques tandis que chambranles des portes et des fenêtres ainsi que les modénatures sont réalisés en pierre de taille. Un savant mariage de style néogothique pour le rez-de-chaussée et  renaissance pour le niveau supérieur caractérise la façade principale à deux niveaux d'élévation qui comprend un corps central, légèrement en retrait, flanqué de deux avant-corps latéraux. 

 

souche
souche  
Notre regard est attiré par certains détails soit de par leur beauté, soit par leur  aspect atypiques. Quoi de plus banal que des souches cheminées; l'architecte les a ici rehaussées de pierre de taille mais aussi agrémentées d'un style de maçonnerie qui les rend moins massives. La toiture aussi, hormis son style renaissance, est parée d'ardoises italiennes qui, au début du siècle renvoyaient un reflet rosé lorsque le soleil cambrésien les caressait.

   

La porte d'entrée à deux ventaux, en chêne clair agrémentée d'un décor en bois sculpté en forme de serviette repliée est la seule ouverture qui a conservé sa teinte d'origine. Elle  est renforcée de ferrures ouvragées et comporte deux poignées en métal argenté en forme de heurtoirs dont la fixation laisse penser qu'elles ne sont pas d'origine. Cette porte est surmontée d'une imposte à vitraux colorés sous  un arc surbaissé décoré d'une archivolte moulurée où s'appuient deux pinacles.


Le sol de l'entrée est agrémenté de  mosaïque claire comprenant un décor de  fleurs de houblon qui rappelle le métier de maitre-brasseur d'Alphonse Duverger. A gauche se trouve l'escalier d'honneur en chêne à cage ouverte présentant un certain caractère monumental. La particularité de cet ouvrage est que le dessous n'est pas masqué par une maçonnerie en plâtre mais laisse apparaître le revers des marches qui sont agrémentés d'une discrète moulure. Le décor sculpté de son départ laisse supposer qu'il devait être agrémenté d'une boule ou d'une statuette.

 


Le perron

Mosaïque à fleurs de houblon

Revers des marche

de l'escalier d'honneur

Départ d'escalier

  

Une large baie a été ouverte pour éclairer cet escalier d'honneur. Celle-ci est agrémentée d'un grand vitrail représentant Saint-Arnould. Demeure d'industriel oblige, ce saint est celui des brasseurs. Jamais restauré, ce vitrail de facture inconnue est resté dans un bon état de conservation malgré des lacunes à hauteur d'homme.

 

 

le vitrail

 

 A l'opposé du hall nous retrouvons le même escalier en plus étroit. Quoi que sans départ sculpté, il était réservé aux domestiques. Mêmes balustres, mêmes revers de marches moulurés. Était-ce par soucis de symétrie ou mansuétude envers le personnel ? Nous ne le saurons certainement jamais.

 

Détail des boiseries du hall

Notre vénérable André Leblon à coté de l'escalier de service

 

A gauche de la partie cour se trouve une pièce agrémentée d'un magnifique plafond ouvragé et peint de motifs artistiques nous laissant imaginer que ce fut le boudoir de la maitresse de maison. A droite se trouvait le bureau de l'industriel. Coté jardin, une magnifique salle à manger donne sur le parc, accessible par une porte fenêtre en empruntant un escalier de pierre courbe à ce jour remplacé par quelques marches austères. Le plafond rappelle celui des grands châteaux car il est orné de motifs peints de style art déco. De chaque coté d'une intacte cheminée néo renaissance en bois, deux majestueuses portes à double ventaux donnent pour l'une sur le hall et l'autre sur l'office.

 

Fenêtre du petit salon La salle à manger
   
Le petit salon Détail du plafond de la salle à manger


L'ancien salon de réception transformé en chapelle dans les années 1950 hormis son plancher d'origine ne laisse plus rien deviner de son style initial.    

Les domestiques avaient leur entrée personnelle au rez-de-chaussée sur la droite du bâtiment et donnait sur l'office. L'aménagement intérieur de la cuisine et de ses dépendance ont obligé l'architecte à habilement concevoir une baie en trompe l'œil pour ne pas nuire à la symétrie du bâtiment principal. En effet, de l'extérieur, cette fenêtre ne laisse pas supposer la disposition réelle des petite pièces assurant la liaison entre la partie noble et l'office.

  

Le château a conservé tous ses lourds volets roulants en bois actionnés par un système de chaine et manivelle dissimulé dans les boiseries dont certains ont depuis le temps été motorisés. Les fenêtres ne disposant pas de volets sont protégées par d'impressionnantes ferronneries. 

 

 

Accès à l'office à l'étage, la fenêtre en trompe l'œil ce que cache le trompe l'œil

 

 L'arrière du château s'ouvrait sur un vaste parc ceint par un imposant mur de clôture avec un accès rue de Péronne.

 

Vue aérienne de la propriété en 1969

 

 

Vue de derrière, la symétrie architecturale est plus prononcée que coté boulevard. Néanmoins, certains détails étranges attirent notre regard; des portes-fenêtres menant dans le vide, des vestiges de niches étrangement placés… des énigmes comme nous les aimons.


Il va de soi que l'accès coté jardin a été modifié avec le temps. Les plans connus à ce jour concernent les modifications apportées naguère et ne laissent aucun indice permettant d'imaginer ce qu'Alphonse Duverger avait connu. Il paraitrait cependant que deux escaliers courbes asservissaient les deux salons mais aucune information concernant la partie centrale.

 

                   
Coté jardin   niche énigmatique sous la fenêtre


Toutes informations complémentaires que posséderaient les lecteurs pouvant enrichir cet article ou permettant de résoudre certaines énigmes architecturales de cet édifice sont les bienvenues. L'appel est lancé!

 

Le premier étage était réservé à la famille. Chambres à coucher, salle de bain… Le deuxième devait être occupé par le personnel et les enfants. Certains détails sont amusants, tels que les crémones des fenêtre. Étant encore d'origine, elles sont magnifiquement ouvragées au premier niveau, le sont un peu moins au deuxième niveau et austères au troisième. Les toilettes du rez-de-chaussée recouvertes de céramiques d'origine sont beaucoup plus larges que celles de notre époque. De suite nous comprenons que la mode féminine du début XXème siècle en est la raison.  

 

 

Le sous-sol comporte deux niveaux. Inutile de préciser que la sous-cave comporte des accès à des souterrains dont certains ne sont que des boyaux qui courraient à l'intérieur du bastion et laissent supposer que la construction du château a été facilité par une excavation militaire existante.  

 

En bordure du boulevard de la Liberté à droite, un petit bâtiment du même style que le château servait de communs. Une autre édifice de briques et de bois de facture plus récente devait servir de garage.

 

Malgré la vente après la deuxième guerre mondiale à l'institution Jeanne d'Arc et sa transformation en pensionnat, ce château a globalement conservé son architecture d'origine et a gardé tout son charme. Charme qui a touché monsieur Renault, directeur de l'établissement actuel Saint-Luc. Charme qui pourrait être terni par la mise en conformité inhérente aux ERP (Établissement Recevant du Public). Si nous ne trouvons pas de compromis, ce sera la disparition des escaliers, du magnifique vitrail, des portes ouvragées qui ne sont pas anti feu… 

 

 

Affaire à suivre...

 

 

Merci à M. Renault, directeur de l'établissement, à monsieur Mickaël  Bougenieres et à madame Guillemette Lagarde qui ont permis la réalisation de cet article. 
 

 

Jean-Luc Guidez novembre 2014