La chapelle Notre Dame des Ailes – Base aérienne 103 de Cambrai

Fresque de Dom Angelico Surchamp : « Vierge à l’enfant »

 

Fresque Dom Angelico Surchamp Fresque Dom Angelico Surchamp  La base aérienne 103 de Cambrai, n’a pas échappé pas à la dure loi de la restructuration des Armées et l’avenir du site n’est pas encore défini. Le contenu des bâtiments a déjà été redistribué dans les autres bases aériennes du pays ou dans des collectivités  à l’exception d’une ?uvre d’art habillant le mur de la  chapelle.

 

Aujourd’hui, en raison de la  vacuité du bâtiment, le regard est conduit tout naturellement vers le mur situé derrière l’autel, sur lequel  une fresque réalisée par Dom Angelico Surchamp  a été fixée. Elle représente Marie, entourée de quatre anges venus honorer Jésus, debout sur les genoux de sa Mère.

 

Angelico Surchamp est un moine bénédictin français né en 1924. Dom Angelico Surchamp ressentit très tôt l'appel au sacerdoce, puis, par la suite, à la vie religieuse, le 8 septembre 1942. Il a été ordonné prêtre en 1948[].

Né à Troyes (Aube) le 23 juin 1924, dans une famille très ouverte à l'art par son père, écrivain sous le pseudonyme de Jean Nesmy, par sa mère, pianiste et mélomane et par son grand-père maternel, archéologue et conservateur honoraire de la section sculpture du musée de la ville, une ville au patrimoine prestigieux. Son intérêt pour l'art roman est du à l'étude de la peinture contemporaine.

C’est un médiéviste, spécialisé dans l'art roman et aussi  fondateur des éditions Zodiaque, résidant à l'abbaye de la Pierre-Qui-Vire).

Sous sa direction, les éditions Zodiaque ont publié plus de 200 livres sur l'histoire de l'art, et il est lui-même auteur de nombreux ouvrages et articles sur la peinture, l'architecture et la sculpture du Moyen Âge. Dom Angelico Surchamp a également écrit plusieurs ouvrages de musicologie.

Depuis une soixantaine d'années, il est l'auteur de fresques, ainsi que de photographies. Avec Jean Murard, maître d’?uvre et d’ouvrage de deux chapelles  de bases militaires, celle de Romilly-sur-Seine et celle de Cambrai, Dom Angelico a entretenu un très fort lien d’amitié et, tous les deux ont  gardé beaucoup d’émotion au cours de la réalisation des projets qu’ils ont menés en équipe.

A la Base Aérienne 103 de Cambrai, la chapelle est dédiée à Notre Dame de l’Assomption, Notre Dame des Ailes. Pour Dom Angelico, de toutes les fresques qu’il a réalisées, celle qui a sa préférence est celle de la chapelle de la base de Cambrai.

Après 63 ans de services, il est nommé, par décret du 31 décembre 2011, chevalier de la Légion d'honneur sur proposition du ministre de la culture, Frédéric Mitterrand[].

 

Ces deux phrases de Dom Angelico traduisent assez bien le caractère de l’artiste :

"Apprenons à prendre le temps devant la toile aussi longtemps que dure une symphonie", « Allez des choses matérielles vers les choses célestes ».

 Louis Aragon le décrit également à sa manière :

« "Qu’est-ce que c’est que cet oiseau-là ?" Cet oiseau-là avait l’aspect vénérable d’un moine, et je ne m’associai pas à l’irrévérence du critique. Je venais de reconnaître dom Angelico Surchamp, de l’atelier monastique du C?ur-Meurtry, qui édite, sous le titre Zodiaque, des cahiers rédigés par des peintres et des religieux [...]. Dom Angelico Surchamp n’avait qu’un petit mot à dire. Il le dit : "Ne croyez-vous pas, messieurs, que l’art abstrait, en transférant le sens de la réalité, favorise l’accès au sacré ?". Et sans doute que notre réponse lui importait fort peu, car il disparut comme il était venu. »

 

A ce jour, la fresque n’a pas encore d’acquéreur, en raison de la difficulté à retirer l’?uvre de son support. Aussi, l’ASPEC, Association de Sauvegarde du Patrimoine et de l’Environnement du Cambrésis, s’en est ému et a aussitôt alerté les autorités compétentes qui ont décidé de regrouper leurs énergies pour « sauver » l’ouvrage. Une solution sera trouvée, nous n’en doutons pas !

 

                                                                                                                             Pierre Lemaître, ASPEC

                                                                                                                             Le 14 mai 2013